L'évocation de la percussion brésilienne ou de la Samba (au féminin quand on parle de la danse) est immédiatement associée aux carnavals du Brésil et en particulier à celui de Rio.
Mais le carnaval est antérieur au Samba. Ce sont les Portugais, lors des colonisations du XIXème, qui créent le Carnaval au Brésil. A cette époque, il réunit durant 3 jours les participants qui descendent dans les rues pour se jeter à la figure eau, farine, fleurs, ½ufs, boue.
Le Carnaval est un exutoire des frustrations, un régulateur des tensions dans la société. Il est souvent associé à un bouleversement momentané du système de valeur, à l'inversement de l'échelle sociale. Lassés à l'époque d'être pris pour cible, les politiques et les religieux interdisent la fête. Elle renaît sous une autre forme au début du XXème siècle avec le Samba, qui en fait aujourd'hui son identité.
Le Samba est né dans les bidonvilles de Rio de Janeiro au début du XXème siècle. L'abolition de l'esclavage à la fin du XIXème siècle entraîne un flux important vers les grandes villes de population noire affranchie, qui vient pour travailler, survivre. Avec elle, arrivent les danses et instruments de musique qui influenceront les cultures existantes. Un nouveau rythme naît : le Samba. Très vite, le samba s'associera aux cortèges des carnavals.
Le carnaval a lieu tous les ans pendant 4 jours, du samedi au mardi, sept semaines avant Pâques.
Lors du carnaval, les différents groupes des écoles de samba défilent (ex: Mangueira, Beija-Flor, Mocidade, Vila Isabel...). Les écoles des 2 meilleurs groupes (groupe A et groupe spécial) défilent dans le sambodrome, les autres (groupes B à E) défilent dans les rues de la ville.
A l'issue de ces défilés, un classement, rendu public le mercredi suivant le carnaval, est attribué. Les deux meilleures écoles de chaque groupe montent dans le groupe au-dessus, tandis que les deux dernières descendent (un peu comme au football). La première école du groupe spécial est déclarée championne, la seconde vice-championne.
Les défilés du groupe spécial, ainsi que l'annonce des résultats, sont retransmis en direct à la télévision.
ORGANISATION DU DEFILE
Dans les écoles du groupe spécial, environ 3000 personnes costumées défilent. Ces participants sont répartis dans les ailes (groupe de personnes d'une centaine de personnes portant le même costume), ainsi que sur les chars allégoriques. Pendant toute la durée du défilé, les participants doivent reprendre en ch½ur les paroles de la samba de enredo et danser sur sa musique, tout en veillant à ne pas perdre de pièce de son costume (chapeau, cape,...). Si ces conditions ne sont pas respectées par l'ensemble des participants, l'école risque de perdre des points, et donc d'avoir un moins bon classement.
Plusieurs éléments reviennent dans les défilés des différentes écoles :
- Abre ala (en hommage à la première samba de carnaval de l'histoire (voir plus haut)), il s'agit de l'aile qui ouvre le défilé.
- Commissão de frente : groupe de 10 à 15 danseurs qui réalisent une chorégraphie définie.
- Porte-drapeau et mestre-sala : couple portant le drapeau de l'école. Ces danseurs évoluent de manière à dresser le drapeau de l'école.
- Batterie : groupe de percussionnistes qui rythme la samba de enredo chantée tout au long du défilé par un chanteur qui se trouve sur un camion sono. La batterie est précédée d'une ou plusieurs reines de batterie.
- Aile des Bahianaises : aile composée exclusivement de femmes, qui portent le costume traditionnel de Bahia.
- Chars allégoriques : au nombre de 8 le plus souvent, il s'agit de chars richement décorés (certains contiennent même des éléments mobiles), sur lesquels prennent place les costumes les plus élaborés (destaques), portant des plumes pouvant aller jusqu'à 1 mètre de hauteur). Les chars sont généralement
séparés par plusieurs ailes.